Lancement de la plateforme d’action Laudato si’

Depuis sa parution en le 24 mai 2015, l’encyclique Laudato si’ ne cesse de gagner en importance, tant dans sa diffusion que dans sa mise en pratique. Partout dans le monde, l’Eglise se mobilise. Un réseau rassemble toutes les initiatives prises en faveur de la terre et des pauvres : le Global Catholic Climate Movement. Ce réseau a donné naissance, le 25 mai 2021, à la Plateforme d’Action Laudato Si qui offre des conseils, un espace de partage d’idées, de questions et de défis par rapport à l’écologie intégrale. Cette Plateforme est symbolisée par le chiffre 7.

7 objectifs :
  1. Réponse à la clameur de la terre (énergie, biodiversité, agriculture, eau potable, …)
  2. Réponse à la clameur des pauvres (justice sociale, vie humaine, communautés autochtones, réfugiés, migrants, services sociaux)
  3. Economie écologique (production et consommation, investissements, économie circulaire, travail, …)
  4. Adoption de modes de vie durables (déchet et recyclage, alimentation, transport, …)
  5. Education écologique (accès à l’éducation, droits de l’homme, leadership écologique, activités de restauration écologique, …)
  6. Ecologie spirituelle (célébrations, catéchèse, retraites, formation, nature, …)
  7. Engagement communautaire et action participative (plaidoyer, sentiment d’appartenance local)
7 publics :
  1. Famille : Toutes les familles et tous les individus
  2. Paroisses et diocèses : Paroisses, diocèses, archidiocèses et conférences épiscopales
  3. Etablissements d’enseignement : Écoles primaires et secondaires, universités et autres centres d’enseignement
  4. Institutions de santé : Hôpitaux, cliniques et autres centres de santé Organisations et groupes
  5. Organisations et groupes : mouvements laïcs, communautés, ONG, fondations et centres de communication
  6. Secteur économique : Travailleurs et entreprises, exploitations agricoles et coopératives
  7. Religieux : Ordres religieux, provinces et communautés
7 ans :

C’est le nombre d’années que maximum que le Vatican donne aux participants pour atteindre ces objectifs. Cela correspond aussi au délai que les scientifiques laissent aux sociétés pour changer de paradigmes afin que la planète reste habitable pour les générations futures et que le climat ne s’emballe pas dans des boucles de rétroaction.

En Belgique

En Belgique aussi, l’Eglise francophone bouge. Beaucoup d’acteurs de terrains (écoles, paroisses, communautés religieuses, institutions de santé, …) se sont déjà mis en route. Plus récemment, les diocèses de Belgique décident les uns après les autres se soutenir les initiatives existantes et d’encourager chaque communauté chrétienne dans la conversion écologique. Ainsi, les diocèses de Liège, Tournai et Namur-Luxembourg emploient un « Référent en écologie intégrale » pour leur diocèse. Leur rôle est d’accompagner la réception de Laudato Si’ et de favoriser la transition écologique et sociale.

En 2017, sous l’impulsion d’EcoKerk en Belgique néerlandophone, la conférence épiscopale de Belgique a incité toutes les structures liées à l’Eglise à retirer tous leurs investissements dans les énergies fossiles. EcoKerk trace un chemin pour les catholiques francophones de Belgique, de même que des structures similaires dans d’autres pays : Eglise Verte en France, Eglises Vertes au Canada, Ecochurch en Angleterre, la Toile des Eglises Vertes en Afrique, etc. C’est ainsi qu’une EcoEglise naît à Liège en septembre 2021 et sera bientôt étendue à tous les diocèses francophones.

Une planète, une Eglise

S’agissant d’écologie, les Eglises de diverses confessions savent trouver des chemins communs. C’est ainsi que l’Eglise catholique puis différentes Eglises protestantes ont rejoint l’Eglise orthodoxe pour vivre le Temps pour la Création (anciennement Saison de la Création). Du 1er septembre (journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la maison commune) au 4 octobre (fête de Saint François d’Assise, patron de l’écologie), les chrétiens du monde entier sont invités à davantage prier et agir pour la sauvegarde de la création.

Deux ans après avoir lancé son appel à la sauvegarde de la maison commune dans l’encyclique Laudato Si’, le pape François a convoqué le 15 octobre 2017 une Assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Amazonie. Ce synode avait pour thème « Amazonie : nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale »[1]. Il a débouché sur Querida Amazonia, une exhortation apostolique post-synodale dans laquelle le pape s’adresse au peuple et à la terre d’Amazonie, lieu de tant de dégâts environnementaux et humains.


[1]  https://www.entraide.be/le-synode-pan-amazonien-et-ses-enjeux